LA PAIX ! (exhortation)

Pourriez-vous me dire pourquoi nous sommes aussi égoïstes ? Aussi centrés sur nous-mêmes ? Pourquoi il nous est difficile de respecter le désir de l’autre d’être en paix ? Pourquoi, nous ne sommes pas capables de partager avec celui qui tend la main vers nous ? Pourquoi, nous sommes fermés à son besoin ? Pourquoi il nous est compliqué de sortir de notre zone de confort pour venir en aide à l’autre, pour le soulager de ses luttes intérieures et l’alléger de ses conflits émotionnels ? 

– On dit de nous qu’on a l’énergie et la fougue de la jeunesse, ou bien la sagesse de nos cheveux blancs, l’expérience de l’âge et l’âge de nos artères. D’accord ! Mais qu’en faisons-nous ?

 –  Pourquoi, nous est-il aussi difficile d’entrer en relation et de dialoguer avec celui qui est en guerre avec lui-même ? Avec celui qui évolue dans un quotidien de guerre. Avec celui qui ne peut vivre sans faire la guerre ou ne sait répondre à la haine que par la haine ? Pourquoi ne pas dire à l’homme, qui, de par son éducation, de par ses blessures, de par son environnement, de par sa nature, est dans une logique de combat. Pourquoi ne pas lui dire qu’il existe une autre solution pour régler les conflits… quelque-chose de bien meilleur, de plus durable et de plus fécond ? Pourquoi ne pas dire à celui qui lutte par besoin de se défouler, de conquérir, de s’occuper, qu’il peut remporter des victoires d’un tout autre genre ? Pourquoi ne pas dire à celui qui utilise la force pour imposer ses pensées, pour prouver qu’il a raison, pour montrer sa supériorité et asseoir son autorité, qu’il lui est possible de combler ses vides autrement. Pourquoi, nous qui avons eu la chance et la grâce de recevoir l’amour inconditionnel et immérité ; nous qui avons ouvert nos yeux sur notre prochain (certes différent, mais acceptable et riche de son individualité) ; nous qui avons permis que des brèches se fassent dans nos cœurs pour y faire entrer la miséricorde à distribuer en abondance, pourquoi ne partageons-nous pas suffisamment ce que nous avons reçus ? Pourquoi ne donnons-nous pas plus de nous-mêmes ? 

–  Simplement, parce que nous sommes accrochés à notre précieuse paix ; à notre confort personnel ; à des emplois du temps bien construits dans lesquels on prend surtout du temps pour soi… Parce que nous nous agrippons à des visions étriquées et méconnues du monde qui nous entoure. Parce que nous sommes liés à des pensées coutumières ; à des modes de vies ; à de faux raisonnements… Parce que nous sommes rattachés à la peur irrésolue de l’étranger et à la peur tout court de l’inconnu. Parce que nos bulles protectrices nous protègent des misères environnantes et de la guerre qui frappe à nos frontières. Parce que nous nous cachons derrière l’indifférence générale. Parce que sans ciller, nos yeux myopes contemplent la mort en direct, l’insoutenable maladie et la lente agonie. Parce que nos regards formatés à nos idées préconçues, se détournent de ce malheureux voisin de palier ployant sous un trop lourd fardeau. Parce que nos mains méfiantes ne savent pas s’ouvrir aux besoins des victimes sans-défense… Parce nos cœurs étanches ne considèrent pas ou plus l’étranger dans sa détresse. Parce que notre silence fait des ravages. Il participe à tuer celui que l’on tue ; à frapper celui que l’on frappe ; à détruire celui que l’on détruit ; à torturer celui que l’on torture, à violer celui que l’on viole, à soumettre celui que l’on soumet. Parce que nos pas ne nous dirigent plus vers ce compatriote d’une même nation et d’un même monde ; vers ce locataire temporaire d’une Terre commune ; vers ce pauvre ère dont la vie est au rabais et marchant sans espérance ; ce survivant que l’on désigne par l’autre et qu’on ignore… l’index sur la télécommande de la télé ou sur la touche du clavier.  Et si la question principale était posée : Que représente l’Amour pour Toi ?

– Vaste question…

– Oui, vaste question. Parfois, pour ne pas répondre à la question, on esquive en répondant que dans certaines circonstances, la guerre est inévitable. On dit que le conflit est souvent nécessaire ; que c’est un mal pour un bien ; que conflits et oppositions existent et perdurent depuis que le monde est monde. On s’arrange avec ce type de phrases toutes faites, ou bien on se justifie avec les citations disant que l’homme est un loup pour l’homme, et que se battre fait partie de sa nature instinctive et animale… 

– Mais la guerre n’a pas que des aspects négatifs. Elle permet d’apprécier la paix et de mesurer, oh combien elle est précieuse !

– Peut-être… mais à quel prix ? Le prix est lourd, ne pensez-vous pas ? Guerre de religion, de sécession, conventionnelle, mondiale, d’indépendance, propre ou sanglante, civile ou locale, raciale ou coloniale, ouverte ou préventive, éclair ou de cent ans, totale ou partielle, terrestre ou navale, chimique ou atomique, froide ou déclarée, psychologique et idéologique. Guerre de famille ou guerre des peuples. Guerre des nerfs ou guerre d’usure… Quelle que soit le type de guerre, pourquoi générations après générations, et ce, depuis la nuit des temps, a-t-il fallu en passer par la violence pour obtenir des accalmies passagères… des temps de paix fragiles qui menacent d’être rompus ?

– Tout de même ! On chante la paix ! On prône la paix ! On distribue la paix avec une poignée de main ! On écrit sur la paix à tous les temps ! On l’a transpose en vers et en musique ! On l’a chante en chœur et nos larmes s’associent à elle.

– Ok, mais sinon… quoi ?  De nos jours, on a l’impression que la paix est devenue un gros mot. N’est-ce pas insulter tous ceux qui ont lutté pour leurs idées ? Pour leur pays ? Pour réclamer justice ? Pour sauver leur honneur ? Pour se défendre, ou pour répondre à leurs instincts premiers ?

– La paix durable est-elle possible ?

– Quelle que soit la couleur de la guerre, elle est et restera la réponse inadéquate à un problème de compréhension et d’acceptation de l’autre dans ses différences et dans son unicité. La guerre sera toujours la réponse facile et inadaptée face à un problème qui parait insoluble, mais qui en réalité, ne l’est jamais… La guerre, c’est se voiler la face. C’est oublier volontairement que l’autre est soi, que l’autre est pareil que moi, que toi, que chacun d’entre nous. La guerre, c’est ne pas mesurer à quel point l’autre est notre semblable, notre prochain, notre double. C’est ne pas saisir qu’il nous est identique ; semblable dans son besoin profond d’aimer et d’être aimé. C’est refuser d’admettre que celui qui est en guerre, est dépourvu de l’essentiel. C’est ne pas comprendre que l’Amour ne s’est pas suffisamment développé dans sa vie, dans ses pensées, dans son âme. Que dès le départ, les semences d’Amour en lui, n’étaient pas de bonne qualité, en trop petit nombre ou mal plantées. Oui faire la guerre à l’autre, l’ennemi, l’adversaire, c’est refuser de comprendre que l’Amour a été déraciné de son cœur et n’a donc pas eu la possibilité de croître, de fleurir et de s’épanouir comme il aurait dû le faire.

– Pour quelles raisons ?

– Des raisons, il y en a tant qu’on ne pourrait les énumérer. Mais l’une des raisons vient du fait que l’homme a horreur du vide et qu’un cœur insuffisamment rempli, se remplit de ce qu’il trouve… Aucune terre n’est définitivement et totalement infertile. Et puisque l’homme est né de la poussière, alors cela signifie que toute terre peut produire du bon fruit en son temps ; qu’il suffit juste d’y mettre les bonnes graines et de l’arroser régulièrement de patience et d’amour.

– Victor Hugo a dit « La guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées « 

– Oui et Jean Jaurès à dit  » On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre « ; Alors si on jetait un pavé dans la mare ? Et si au lieu de combattre, l’homme apprenait à aimer sans limite ? À aimer sans attendre en retour ? À aimer sans voir aux apparences ? À aimer au-delà de lui-même ? À aimer et à croire au potentiel d’Amour de l’autre ? Et si l’homme combattait le combat de l’Amour ? Et s’il se donnait ce défi ? Le plus dur ! Ce défi qui lui demanderait de s’oublier pour encourager l’autre et l’aider à prendre conscience de sa valeur. Ce défi qui l’obligerait à débusquer l’autre dans ses retranchements, et l’extraire de ses mauvaises convictions ; à le sortir de ses hautes murailles faites de pensées tronquées. Des pensées enracinées, parfois depuis l’enfance, mais toujours mensongères. Ce défi qui le forcerait à voir l’autre comme étant supérieur à lui. Ce défi, dans lequel, il lui faudrait peut-être laver les pieds de l’autre, et se démunir pour l’autre…

Ah ! Difficile combat que celui-là !  Difficile combat que de prendre sur son précieux temps et déranger son planning pour venir en aide à l’autre ; pour aller le secourir, le relever, le soigner, le nourrir, l’aimer, l’accompagner, lui parler, l’enseigner avec amour, le comprendre dans sa souffrance et ses rejets, compatir avec lui et pour lui, l’écouter, le conseiller avec sagesse, lui permettre d’ouvrir son cœur pour voir le monde avec un œil différent ! Dur combat que celui de lutter contre ce flot d’idées contraires qui habitent nos têtes et s’y déploient sans autorisation ! Dur combat que celui de batailler contre notre cœur, fermé à l’autre et ancré dans ses certitudes depuis des lustres ! Dur combat que de s’ouvrir au prochain ; à celui qui nous semble “non-aimable” au premier abord ; à celui que l’on n’estime pas digne de confiance ou d’amour ; à celui qui pense différemment de nous, qui vit différemment et réagit différemment ! Dur combat que celui d’accepter de quitter notre petit nid douillet pour marcher vers celui qui nous rebute, celui qui nous fait peur. Celui qui provoque en nous du dégoût, de la haine et du mépris… Celui que l’on préfère savoir très loin de nous, très loin de nos foyers surprotégés. Là-bas dans le quartier untel, la ville untel, le pays untel, et sous le joug d’untel…. Là-bas, où on ne mettrait jamais les pieds…

————————–

– Aimer pour aimer, moi je veux croire que c’est possible !

Oui, aimer sans compter. Moi aussi, je veux croire que c’est encore et toujours possible !

– Encore faut-il le vouloir…

Encore faut-il vouloir le faire et vouloir le vivre, car le combat de l’Amour est à la fois le plus beau et le plus ardu.

– Et si je vous lancez ce défi ? Là, maintenant, tout-de-suite !

Et si, sans plus attendre, sans plus perdre de temps, nous décidions ensemble de commencer le combat de l’Amour ?

– Et si nous combattions réellement et avec audace sur des terrains minés ?

Et si au lieu de voir le monde en guerre au travers de la lorgnette des reporters, par le biais des articles de presse, à l’écho des “on-dit que”, des journalistes amateurs désinformés ou mal-informés, si on partait chercher les vraies informations ?

– Et si au lieu d’approuver sans cesse, les photos trafiquées et les vidéos montées pour démonter, on refaisait véritablement et concrètement le monde en le bâtissant d’Amour au lieu de le refaire dans notre tête ?

– Et si on arrêtait de tout croire et de croire n’importe quoi, mais qu’on se mettait à croire au pouvoir de l’Amour ?

– Et si ce combat qui est le plus dur, le plus risqué et peut être le plus long, devenait notre cheval de bataille ?

By Christ’in

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