LE BORE-OUT ou QUAND L’ENNUI DEVIENT UNE MALADIE (article)

Le manque de travail. Mauvais pour la santé ?

Vous connaissiez le  » burn-out  »  dû à l’excès de travail, voici maintenant le  » bore-out « , conséquence de l’ennui excessif au travail !

Bore-out  vient de l’anglais  » to bore  » qui se traduit par  » s’ennuyer « .  Le bore-out est comme le burn-out, une maladie en lien avec le travail. 32% de salariés européens souffrent de cette maladie de l’ennui conduisant à l’épuisement. Le secteur tertiaire et la fonction publique sont les plus touchés, même si toutes les catégories socioprofessionnelles ne sont pas épargnées. Certes ! J’admets que cette maladie de l’ennui peut prêter à sourire. Dans notre société du rendement, chacun admet que l’on peut souffrir de trop travailler. En revanche, souffrir de se tourner les pouces au boulot, il est difficile de le croire et de retenir une moue ironique. C’est pourtant une réalité ! Car alors, quid des chômeurs de longue durée acceptant tous les contrats précaires ? Ceux-là pourraient bien s’en offusquer. Et pourtant. Dans une société qui valorise la suractivité, ce mal-être est tout à fait réel et va même, grandissant.

Maladie imaginaire ou véritable maladie ?

Eh oui ! Le bore-out est bel et bien une maladie qui commence par de la fatigue, de l’anxiété, de la tristesse, du découragement, un sommeil perturbé, des tremblements, des pertes de mémoire, une perte d’estime de soi, et peut développer des crises d’épilepsies. Comme le burn-out, ce syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui conduit parfois à la dépression, à l’envie suicidaire, et peut même aller jusqu’au passage à l’acte. Selon l’étude  » Bored to death  » réalisée en 2010 en Angleterre, le bore-out multiplie par trois le risque de maladies cardio-vasculaires.

Contrairement à la première pensée, le bore-out n’a rien à voir avec la paresse. Elle n’est pas non plus le résultat d’un ego contrarié. C’est juste le manque d’épanouissement professionnel. C’est un besoin de reconnaissance qui n’est pas satisfait. Au regard du salarié, les tâches qui lui incombent sont insuffisantes, ennuyeuses, lassantes, répétitives ou inintéressantes. Il suffit que son rythme de travail ralentisse ou qu’il subisse par exemple une diminution de commandes, et sa motivation se réduit comme peau de chagrin.

C’est alors que le temps passé au travail est perçu par le salarié comme étant interminable. Il se sent inutile et frustré, et c’est à ce moment là que sa souffrance débute.

À l’ennui, s’ajoutent la honte et la culpabilité.

Le bore-out prend sa source d’un salarié insuffisamment stimulé et négligé dans ses aspirations, qui au fil du temps perd confiance en lui. Un salarié en souffrance qui n’ose pas en parler pour de multiples raisons : par peur d’être incompris, par peur d’être catalogué de profiteur, par peur qu’on s’imagine qu’il est payé à ne rien faire, par peur qu’on dise de lui qu’il se la coule douce pendant que d’autres travaillent dur. Oui, il a peur de ce type de jugements parce qu’il est justement victime de sa situation ! 

Sous utilisé, il ne supporte pas de n’avoir rien à faire et de devoir compter les heures. Considéré  » privilégié « , il pense aux travailleurs débordés et malmenés qui s’éreintent au travail pour gagner quelques sous, et culpabilise en silence.

Occuper son temps pour ne pas sombrer trop vite.

Pour échapper au bore-out, l’employé peut avoir recours à  » l’étirement des tâches « . Ainsi, un rapport représentant trois jours de travail, s’étirera sur la semaine. Les temps de pause café, de pause cigarette, les allers-retours aux toilettes et les bavardages avec les collègues, s’allongeront et augmenteront. Pour occuper l’espace-temps, l’employé traitera ses courriers personnels durant ses heures de travail. Sur son bureau, s’amoncelleront des papiers inutiles. Il fera semblant d’être stressé et débordé, mais il passera des coups de fil à ses amis, enverra des mails ou naviguera sur internet, etc.

Le livre   » Absolument dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire «  d’une chargée de mission au sein d’une collectivité territoriale de province, connue sous le nom de Zoé Shepard, a mis en lumière en 2010, l’attitude de l’administration dans certaines situations.  » Je passe mes trois heures de travail hebdomadaire à pipeauter des notes administratives, bidouiller de vagues rapports, jouer les GO pour les délégations étrangères et hocher la tête en réunion. L’essentiel est de réussir à gaspiller son temps en prenant un air important. « 

La mise au placard tant redoutée.

Un employé sur qualifié dans un poste subalterne, se sentira dévalué. Sans défi ni stimulation à la hauteur de ses compétences, il se découragera et bâclera son travail. Il aura l’impression d’être mis de côté, placé en quarantaine et ignoré. Parfois, cette mise à l’écart n’est pas juste une impression. C’est un fait avéré. Un salarié qu’on ne peut licencier parce que malade chronique ou handicapé ; un salarié gênant occupant la place d’un autre estimé plus compétent ou favorisé par la hiérarchie ; un senior en fin de carrière, etc. peut être volontairement éloigné du pôle d’activité, exclu des réunions et se retrouver sans plus rien à faire de ses dix doigts.

Rompre le silence !

C’est du harcèlement moral. Dans ce cas de figure, on l’appelle  » le harcèlement par le vide « .  Un salarié dévalorisé et sous-employé doit pouvoir l’exprimer sans honte. Il doit parler de sa souffrance à ses collègues ou à ses supérieurs. S’il n’est pas entendu, il peut en discuter avec le médecin du travail ou l’assistant(e) social de l’entreprise. Il peut aussi le signaler au CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). En dernier recours, il peut se tourner vers l’Inspection du travail.

À noter que du point de vue de la loi,  » la mise au placard  » est considérée comme un abus. Juridiquement, c’est une faute ! Le premier procès pour bore-out s’est d’ailleurs tenu aux prud’hommes le 2 mai 2016. La SNCF, France Télévisions, EDF ou Atos ont été accusé de  » placardisation « .

Et pour le chrétien ?

Le travail est un mandat confié par Dieu à l’homme (Genèse 1.1 – 2.15), rendu pénible par la chute. (Genèse 3. 17 – 3.19). En tant que chrétien, socialement et professionnellement nous ne sommes pas à l’abri du découragement, de l’ennui ou de la démotivation. Pour de multiples raisons, il se peut que notre travail ne nous convienne pas ou plus et qu’apparaissent alors les symptômes du  » bore-out « .

Car oui, le chrétien n’est pas exempt d’abattement et de perte d’intérêt pour son travail ! Oui, par sa différence de comportements, par ses croyances et ses convictions, parce qu’il refuse le compromis ou pour d’autres raisons non inhérentes à lui, un chrétien peut être déconsidéré et  » mis au placard « . Oui, cela est possible, mais pour sa santé spirituelle, physique et mentale, un chrétien ne devrait pas laisser le malaise s’installer, se développer et perdurer. Dans un tel cas, il lui faut prier pour conserver sa paix ou bien la retrouver. Il lui faut prier pour déloger ses pensées négatives qui l’entraînent vers le découragement et la perte d’estime.

De plus, en tant qu’enfant de Dieu, il est primordial de se rappeler que notre valeur n’est pas rattachée à notre production de travail, à nos objectifs atteints, au nombre de contrats signés, au montant de notre salaire, à nos augmentations (grades, échelons supérieurs, primes au mérite ou exceptionnelles, etc.), aux félicitations de la hiérarchie et des collègues. Nous ne travaillons pas pour être reconnu par la société ni être flatté par nos contemporains, mais en obéissance à Dieu.

Colossiens 3 – 23  » Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes  » Là où Dieu nous a placés, notre mission est d’être des porteurs de la Bonne Nouvelle, d’être des artisans de paix et de bons témoins de Sa Parole. Notre travail n’est pas notre identité. Notre identité c’est Christ !

1 Pierre 2 : 18-20  » Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d’un caractère difficile. Car c’est une grâce que de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement. En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes ? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c’est une grâce devant Dieu  » Ainsi, tout ce que nous faisons, nous le faisons pour le Seigneur qui nous a laissé Son Esprit pour œuvrer dans le monde et être Ses ambassadeurs.

 Conseils…

Si tu te sens mal, inadapté, rejeté ou incompris dans ton travail, demande au Seigneur d’intervenir et te montrer quoi faire. S’agit-il pour toi de démissionner, de rencontrer des personnes capables de défendre tes droits, de t’intégrer à des groupes de paroles, de t’épanouir dans des activités extra-professionnelles, de t’intégrer dans des associations (sociales, culturelles, humanitaires, etc.), d’avoir un regard différent sur ton emploi ? Crois que tu as de la valeur, même si ton travail n’est pas valorisant, que tu te sens inutile et pas à ta place. Aux yeux du Seigneur, tu es digne. Tu es une créature merveilleuse crée à son image. Ainsi, que tu sois maltraité, sous-employé ou mis de côté, préserve ta paix comme un bien précieux et prie le Seigneur, car Il est et sera ton défenseur et ton meilleur avocat. Aie confiance. Il entend tes supplications et peut retourner toutes situations en ta faveur ou disposer les bonnes personnes sur ta route pour t’aider et t’apporter des solutions.

L’association http://www.acser.org apporte une aide à ceux qui souffrent au travail en leur offrant un soutien individuel, des conseils et un contact personnalisé par mail, grâce à une équipe de bénévoles issus de divers secteurs et fonctions de l’entreprise ou du secteur public (médecin, psychologue, psychosociologue du travail, assistante sociale, juriste, journaliste, professionnels actifs ou retraités).

Sources :

http://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Stress-au-travail/Interviews/Bore-out-quand-l-ennui-au-travail-rend-malade/Comment-expliquer-le-tabou-qui-entoure-le-bore-out

https://inspectiondutravail.wordpress.com/2015/08/10/le-bore-out-un-syndrome-tabou-2/

http://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/harcelement-au-travail/021956615643-bore-out-un-terme-recent-pour-une-pratique-vieille-comme-le-monde-210889.php#xtor=RSS-123

By Christ’in

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